Natacha Campanale

Natacha Campanale, l’entrepreneuse qui crée des vêtements 100 % éco-conçus

Cette jeune start-upeuse, qui se décrit comme « dynamique et pleine de valeurs », a fondé l’année dernière Boïja, marque de vêtements de sport 100 % durable et française qui fait appel au recyclage, à l’agriculture bio, mais aussi à l’économie locale.

« Les matières premières utilisées sont soit issues de filières de recyclage soit de l’agriculture biologique ou raisonnée. »

Au début d’un projet qui change une vie, il y a toujours une petite histoire dans la grande. La trajectoire de Natacha Campanale ne déroge pas à la règle. « J’étais une jeune femme à la recherche de sens, expose cette ancienne employée en ressources humaines dans l’industrie puis le luxe. Je fais beaucoup de sport et dès que j’avais besoin de m’équiper en vêtements, impossible d’aller ailleurs que chez les grandes marques. J’ai donc fondé Boïja. »
 

La première marque de sport 100 % éco-conçue

Soit la première marque de sport 100 % éco-conçue et 100 % française – cocorico ! – fondée en mai 2016. « Au départ, le projet n’était pas dans le textile, mais dans l’équipement. Au détail près que produire de l’équipement, ça demande des fonds pour la fabrication, les brevets », précise Natacha, qui a installé sa structure à Strasbourg. Un peu plus d’un an plus tard, et grâce à la plateforme de financement participatif Ulule, la première collection « été 2017 » de Boïja voit le jour. Cent quatre-vingt-neuf modèles sont produits alors que l’objectif initial était de cent, parmi lesquels des shorts de bain, des shorts techniques, des t-shirts de yoga et techniques. « La collection automne/hiver 2017 avec des leggings, des corsaires et des t-shirts à manches longues » sortira avant la fin de l’année, selon l’entrepreneuse alsacienne.
 
Plus que le type, c’est l’étoffe dans laquelle sont taillés les vêtements de sport de Boïja qui détonne. « J’essaie d’avoir une réflexion très poussée concernant les origines des textiles, défend Natacha Campanale. Les matières premières utilisées sont soit issues de filières de recyclage – des bouteilles en plastique recyclées ou des fibres textiles recyclées – ou de l’agriculture biologique ou raisonnée – du coton bio, de la pulpe d’eucalyptus ou encore du lin et du chanvre qui ne nécessitent pas de produits chimiques. En France, on est un des premiers producteurs de lin et de chanvre et on le sait très peu. »
 

Une fabrication en circuit court

Natacha favorise également le circuit court pour la production de Boïja. Une manière de réduire les dépenses énergétiques tout en soutenant l’économie locale – seul le recyclage des matières plastiques qui servent à fabriquer les vêtements techniques est réalisé en Italie, faute de recycleur français. « Mes fabricants de tissu se trouvent principalement en région Auvergne-Rhône-Alpes parce que c’est le bassin historique de la maille en France. Mon façonnier, le groupe Contino, est dans les Vosges, et mes merceries sont également en France. Et si jamais j’étais amenée à exporter en Australie, je ferais en sorte que tous les vêtements soient fabriqués en Australie également. Tout le monde gagne à être plus proche des clients finaux : l’économie, la planète », précise-t-elle.
 
À dire vrai, tout dans Boïja renvoie à l’idée d’économie circulaire et locale. Même son nom. « Ça signifie "bâtir" en alsacien. C’est un clin d’œil à la région qui m’aide à entreprendre et pour ce que cela évoque : la construction, le bois, la création, la solidité », confie Natacha. Mais un nom qui sonne bien, ça n’est rien face à la satisfaction que procure le fait de se sentir utile au quotidien : « À la fin de la journée, je me sens fière. J’ai fait ma part, quelque chose qui sert et qui servira pour nos générations futures. »
 

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AUTEUR
Matthieu Rostac

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