En République tchèque, le charbon ça décape !

Dans la centrale électrique de Třebovice, Veolia prépare un sous-produit énergétique issu de la combustion du charbon pour le réutiliser dans la production d'abrasifs industriels.

En République tchèque, l’électricité est encore largement fournie par des centrales à charbon. Concrètement, le charbon est brûlé dans une chaudière ; la chaleur qui s’en dégage permet de faire bouillir de l’eau qui se transforme alors en vapeur, laquelle active une turbine qui génère de l’électricité. Ce processus industriel est mis en œuvre depuis longtemps dans de nombreux pays. Ce qui est nouveau aujourd’hui, c’est de le placer dans une logique d’économie circulaire. Explications.

Lors de la combustion du charbon, du laitier fondu se forme dans le four de la chaudière. Il s’agit d’un mélange d’oxyde d’aluminium qui se détache du charbon à haute température. Traditionnellement, les centrales jettent ce laitier qui vient alors encombrer les décharges. Or, c’est un sous-produit largement valorisable ! En République tchèque, dans la centrale de Třebovice, au nord-est du pays, Veolia produit près de 10 000 tonnes de laitier fondu chaque année et veille à son recyclage.

Sablage et grenaillage

Comment cela fonctionne-t-il ? Le laitier fondu est récupéré dans les chaudières puis trempé dans un bain d’eau. Il cristallise alors sous la forme de granulés, lesquels sont ensuite broyés en minuscules particules. Ainsi transformé, le laitier présente une dureté et une densité optimales pour servir de substitut aux matériaux employés lors du sablage ou du grenaillage.

Ces deux techniques industrielles sont utilisées pour décaper un matériau, par la projection d’abrasifs à grande vitesse à l’aide d’air comprimé. Les microbilles projetées permettent de nettoyer et de lisser une surface en la débarrassant de tous les éventuels composants qui lui étaient appliqués. Cette technique peut par exemple être utilisée pour ôter la peinture d’une carrosserie automobile.

Traditionnellement, pour le sablage ou le grenaillage, les industries utilisent un mélange de sable et de silice cristalline, une substance très nocive pour la santé lorsqu’elle est inhalée. À l’inverse, les microbilles de laitier ne comportent aucun composant nocif.

Valoriser le laitier en microbilles abrasives, c’est donc faire d’une pierre deux coups. D’une part, cela permet de réduire le volume des déchets déposés dans les décharges tchèques. D’autre part, cela fournit un substitut efficace et inoffensif pour les processus de décapage industriel. L’économie circulaire a plus d’un tour dans son sac (de microbilles) !

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