ARTICLE22 transforme les éclats d’obus en bijoux !

Cette marque crée des bijoux à partir d’éclats d’obus lâchés sur le Laos pendant la guerre du Vietnam. Une démarche circulaire qui permet de développer l’économie laotienne tout en contribuant au déminage du pays.

Des bijoux portant les mentions « J’aime la paix » ou « La bombe de la paix, lâchée et fabriquée au Laos ».

Et si vous portiez des éclats d’obus aux oreilles ou autour du poignet ? C’est le pari osé que s’est lancé la New-Yorkaise Elizabeth Suda en 2010. Sa marque de bijoux, ARTICLE22 – en référence au 22e article de la Déclaration universelle des droits de l’homme –, recycle le métal des obus de la guerre du Vietnam en bijoux éthiques et tendance. Vendus aujourd’hui dans le monde entier, ces bijoux permettent de développer l’économie laotienne tout en contribuant au déminage du pays…
 
Rapporté au nombre d’habitants, le Laos est le pays le plus bombardé de toute l’histoire : cherchant à couper la liaison avec le Vietnam, la CIA y a déversé plus de 2 millions de tonnes de bombes entre 1964 et 1973. Une « guerre secrète » officiellement reconnue pour la première fois par Barack Obama en 2016.
 

30 % des obus n’ont pas explosé

Quarante ans après la fin du conflit, les obus enfouis dans la terre continuent à menacer la population. Les ONG estiment que 30 % des bombes n’ont pas explosé. Elles tuent chaque année des centaines de personnes, principalement des enfants et des agriculteurs. Par ailleurs, dans un pays encore majoritairement rural, les bombes ensevelies rendent incultivables 25 % des terres.
 
Dans la plaine des Jarres, au nord du pays – l’une des régions qui ont le plus souffert des bombardements –, les habitants du petit village de Ban Naphia ont essayé de tirer parti de la prolifération des bombes. Dès la fin de la guerre, ils ont commencé à récupérer les éclats d’obus pour faire fondre le métal et fabriquer des cuillères. Vendues sur le marché aux locaux ou en souvenir aux rares touristes s’aventurant dans la région, les cuillères recyclées ont permis au village de développer une véritable petite économie locale.
 
L’arrivée d’Elizabeth Suda a bouleversé leur quotidien. En 2010, cette New-Yorkaise pure souche, alors bénévole pour l’ONG Helvetas, découvre Ban Naphia et s’émerveille de l’ingéniosité des villageois. Elle leur propose de se diversifier en fabriquant des bijoux !
 

Un village de joailliers

Sept ans plus tard, les douze familles de Ban Naphia sont devenues joailliers. Une activité économique lucrative qui attire de nombreux travailleurs dans la région. Le métal des obus est recyclé par des filières contrôlées et sécurisées, avant d’être envoyé aux villageois qui le fondent et le surcyclent en bijoux. Des pendentifs, bracelets ou boucles d’oreilles sur lesquels on peut notamment lire les mentions « J’aime la paix » ou encore « La bombe de la paix, lâchée et fabriquée au Laos ».

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Une partie des bénéfices de la vente des bijoux est reversée à l’ONG Mines Advisory Group, qui œuvre activement pour le déminage du pays. ARTICLE22 estime ainsi que la vente d’un bracelet permet de déminer 3 m2 de terre. Depuis 2010, plus de 60 000 m2 ont ainsi été nettoyés et débarrassés des obus.
 

EN SAVOIR PLUS

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